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Description
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MANUSCRIT. - Heures a l'usage de Rome (Paris, fin XVe siecle) Parchemin. 114 ff. (foliotation moderne a la mine de plomb dans l'angle inferieur gauche), 165 x 120/23 mm (justification : 97 x 67 mm). Reglure a l'encre rouge. 20 longues lignes par page. Ecriture batarde. Fol. 115 blanc. Quelques reclames. Reliure parchemin orne sur les plats d'un encadrement de 3 filets et d'un estampage au centre, tr. dorees (XVIIe siecle). Le contenu. f. 1-12v Calendrier continu en francais f. 13-16vEvangiles. f. 16v-19 Priere : Obsecro te. f. 19-21vPriere : O intemerata. f. 22-36Heures de la Vierge. Sequitur hore beate Marie virginis secundum usum Romanum : Matines (f. 22-28v), Laudes (f. 29-36), f. 36v-37v Heures de la Croix. f. 38-54Heures de la Vierge : Prime (f. 38-41), Tierce (f. 41v-44), Sexte (f. 44v-46v), None (f. 47-49v), Vepres (f. 50-52), Complie (f. (52v-54). f. 54v-65vSalve regina ; Ad complemendum. antiphona: Converte nos Deus ; Deus in adjutorium. Salve. - Hora complectorii datur sepulture ; (f. 55v) Iste psalmus et alii duo sequentes cum suis antiphonie dicuntur die Martie et die Veneris ad matutinas. - (f. 58) : Iste psalmus et alii duo sequentes dicuntur die Mercurii et Sabbati ad matutinas. - (f. 61) : In adventu Domini officium beate Marie dicitur modo predicto exceptis specialibus antiphonii in tempore in feriis ordinatis. Ad vesperas primi Sabbati de adventu Domini ad vigiliam Nativitatis Domini agitur officium modo subscripto. Sabbato ante primam Dominicam de adventu ad vesperas. f. 66-78vPsaumes de la penitence, avec litanies (f. 74-77). f. 79-98Office des morts selon l'usage de Rome. f. 98v-108vSuffrages : La Trinite (f. 98v-99), st Michel (f. 99rv), St Jean-Baptiste (f. 99v-100), st Jean l'Evangeliste (f. 100rv), st Christophe (f. 100v-101v), st Sebastien (f. 101v-102), st Adrien (f. 102rv), st Nicolas (f. 103), st Antoine (f. 103rv) st Claude (f. 103v-105), ste Anne (f. 105rv), ste Marie-Madeleine (f. 105v-106), ste Catherine (f. 106), ste Barbara (f. 106v-107), ste Marguerite (f. 107rv), ste Genevieve (f. 108), Tous les saints (f. 108v). f. 108v-114vLegende du chanoine Arnoul : Ceste oraison doit on dire chacun samedi en l'onneur de Nostre Dame. Ung homme devost religieu et chanoyne estoit qui eut nom Arnoul. Lequel estoit bien ayme de Dieu et de sa bonne mere car nuit et iour les servoit. Oratio. [f. 109] Missus est Gabriel angelus ad Mariam? - (Leroquais, Livres d'Heures, I, p. 95 et 250, II, p. 28-29). Nota. Cette legende ne se trouve que dans trois des quelque trois cents livres d'heures manuscrits de la Bibliotheque nationale de France decrits par Leroquais (lat. 1168, Heures a l'usage de Chalons-sur-Marne ; lat. 1411, Heures a l'usage de Rouen ; lat. 13285, Heures a l'usage de Salisbury). La rubrique est ici abregee. La Vierge apparait au chanoine Arnoul pendant son sommeil et lui donne une oraison, promettant a tous ceux qui la diront tous les samedis en son honneur, qu'elle leur apparaitra cinq fois au moment de leur mort pour leur apporter aide et reconfort. La liturgie. On ne dispose pas d'elements qui puissent autoriser de preciser l'origine et la provenance de ce manuscrit. Les prieres Obsecro te et O intemerata montrent qu'il a ete execute pour un homme. La liturgie -Heures de la Vierge et Office des morts-- est a l'usage de Rome. Les quelques directions que l'on peut tirer du calendrier, des litanies et des suffrages sont tellement discordantes qu'il semble imprudent d'en privilegier une. Le calendrier pose davantage de problemes qu'il n'en resout. Ecrites a l'or, les fetes de la Circoncision, de l'Epiphanie et de la Chandeleur, un ensemble autour de la Nativite (Noel, saints Etienne, Jean, Innocents et Thomas Becket), et seulement deux saints : Catherine d'Alexandrie (25 novembre) et Thomas l'apotre (21 decembre) ; l'absence de l'Assomption est pour le moins troublante, dans un calendrier dont l'auteur s'est manifestement attache a obtenir une continuite sans faille. On peut etre surpris par la place occupee par Faron et Fare (Meaux) dans le calendrier, mais on y trouve aussi Germer, Gertrude, Bertin, Vaast, Arnoul, Eloi qui nous entrainent vers le Nord et l'Est de la France, puis les saints anglo-saxons, Edmond et surtout Bede le Venerable, qui nous ramenent vers des contrees occupees recemment par les Anglais (Picardie, Artois). Des litanies, on ne retiendra que la presence de saints Nicolas et Claude, celle de sainte Radegonde et de sainte Genevieve. La presence de Nicolas est tres frequente, en revanche celle de Claude, eveque de Besancon, l'est beaucoup moins mais, curieusement, il ne figure pas au calendrier. Si Genevieve nous conduit a Paris, Radegonde nous eloigne vers le Poitou. Aux suffrages, on trouve Adrien et on retrouve saint Claude. Adrien fait parti des saints originaires d'Asie Mineure introduits dans le calendrier parisien (4 mars). La legende d'Arnoul, religieux et chanoine, ne permet de preciser non plus l'origine du manuscrit : on ne la trouve que sur quelques rares manuscrits normands et lorrains. La decoration. Elle consiste en 56 peintures (13 grandes et 43 petites), et en une large bordure exterieure a chaque page. Nota. Une note portee au crayon au verso de la garde superieure recense 58 miniatures, soit 13 grandes et 45 petites). La difference vient de notre refus de prendre en compte les petites peintures portees sur des pages comportant des grandes (f. 22 et 69), partant du principe de leur complementarite impose de ne pas les dissocier. Les 43 petites peintures. Une premiere serie orne le calendrier des signes du zodiaque et des travaux du mois. Les sous-sections du manuscrits sont introduites aussi par une petite peinture : les evangiles de Marc, Mathieu et Luc sont ornees d'une vignette figurant l'evangeliste et son symbole, les prieres a la Vierge Obsecro te d'une vignette figurant la Vierge en prieres et O intemerate d'une pieta. Une derniere serie est consacree aux saints et saintes figurant qui sont l'objet d'une commemoration dans les suffrages (les saints Michel, Jean-Baptiste, Jean l'evangeliste, Christophe, Sebastien, Adrien, Nicolas, Claude, et les saintes Anne, Marie-Madeleine, Catherine, Barbara, Marguerite et Genevieve). Les 13 grandes peintures. f. 13 : Saint Jean a Patmos (les evangiles). f. 22 : L'Echelle de Jacob et l'Annonciation (Matines). f. 29 : La Visitation (Laudes). f. 35v : La Crucifixion (Heures de la Croix). f. 37 : La Nativite (Prime). f. 40v : L'Annonce aux bergers (Tierce). f. 43v : L'Adoration des mages (Sexte). f. 46 : La Circoncision (Nonne). f. 49 : La Fuite en Egypte (Vepres). f. 66 : David demande pardon au Seigneur. David regardant Bethsabee se baignant (Psaumes de la penitence). f. 79 : Job sur son tas de fumier recevant ses amis (Office des morts). f. 98v : La Trinite (Suffrages). f. 109 : Apparition de la Vierge Marie au chanoine Arnoul endormi, lui confiant une oraison. La peinture est inegale en qualite, et pose des problemes stylistiques qui rendent sa localisation bien difficile. Toutes pourraient etre issues d'un meme atelier, ou euvraient des artistes d'un inegal talent. D'un strict point de vue stylistique, il faut probablement attribuer ce manuscrit a un atelier parisien. La palette utilisee pour les grandes peintures est assez rudimentaire et peu variee ; elle repose essentiellement sur le bleu, le vert, le blanc et un rouge lie-de-vin ; l'artiste obtient cependant des ocres et des gris non denues de qualite et, plus exceptionnellement, de beaux roses et noirs (f. 109). La qualite repose sur une habile utilisation de l'or en lieu et place de jaune, et d'une belle maitrise de la hachure. La palette est plus eclatante pour les petites illustrations qui reclament davantage de contrastes, et les bordures, avec l'introduction d'un rouge tres vif. Les bordures qui encadrent les grandes peintures et ornent les marges exterieures de toutes les pages du volume sont realisees selon le meme principe : de grandes feuilles d'acanthes bleues et or, des fleurs blanches, rouges et bleues, des fruits rouges et du raisin sur des fonds compartimentes blancs et or. Les bordures des peintures de la Nativite (f. 37) et de Job (f. 79) sont differentes ; le principe decoratif repose sur de grandes fleurs et des fruits rouges plantes a l'extremite de tiges tres fines mais feuillus peintes sur un fond uniformement or ; des animaux (cerf attaque par des chiens), oiseaux (paons), insectes (papillons) s'y ebattent. Deux peintures (f. 22 et 66) sont dotes d'un encadrement architectural constitue de hautes colonnes carrees dans lesquelles se decoupent des niches ou sont loges des personnages de plein pied, ce qui apporte un surcroit de rigueur a une page dont la composition est compliquee : la plus grande partie de la page est occupee par une grande peinture, au-dessous de laquelle figurent trois lignes de texte debut de Matines et des Psaumes de la penitence), au-dessous desquelles est figure une petite peinture. Le programme iconographique est apparemment conforme a celui qui est developpe dans les livres d'heures, mais deux peintures en ressortent par leur originalite et, fruit du hasard ... ce sont les meilleures. Le debut des Heures de la Vierge et de matines est marque par une Annonciation rejete en bas de page, sous trois lignes de texte (f. 22) ; l'essentiel de la page est consacre a une peinture du Songe de Jacob (Gen 28, 12-13) : Jacob est endormi, son visage calme et serein reposant sur sa main gauche, pendant que " des anges de Dieu montent et descendent le long de l'echelle " que Dieu maintient dans le ciel. La meme serenite se retrouve dans la peinture de la Vierge apparaissant au " religieu et chanoyne " Arnoul endormi sur un lit rose, la tete maintenue par sa main droite (f. 109). Ces deux scenes de visions ont ete executees par le meme artiste, le plus doue. Le reste de la decoration consiste en rubriques, en initiales et bouts de ligne or sur des fonds lie-de-vin. Parfois, l'initiale qui introduit une grande section est peinte en couleur (bleu rehausse de blanc), mais elle reste toujours d'un petit module. Ce manuscrit sort de l'ordinaire. En premier lieu, on notera qu'il ne contient pas les Heures du Saint-Esprit ; ensuite, dans les Heures de la Vierge, le debut de Complie n'est pas dote d'illustration, mais seulement d'un titre abrege rejete en bas de page : [Ad] C[om]plect[orium] (f. 52), si bien que l'on passe presque sans transition des Vepres a Complie. Enfin, deux peintures sont remarquables par le theme absolument original developpe. L'illustration de la legende du chanoine Arnoul est excessivement rare. Un manuscrit tres stimulant dans un tres bon etat de conservation.
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